La garnison de Vannes (1881-1914)


Alors qu’en Tunisie, les batteries du régiment s’aguerrissaient aux actions extérieures, constituant ainsi le fond de traditions du 35e RAP actuel, à Vannes, le régiment s’était installé dans la vie de garnison de la Belle Époque, faite d’instruction, d’exercices, de grandes manœuvres, de revues et de défilés patriotiques, en particulier le 14 juillet décrété fête nationale depuis 1880. Le quotidien des canonniers s’égrène donc entre le terrain de manœuvre de Meucon, le polygone de Saint-Avé et le quartier. Les remparts de la vieille ville vibrent au son des chants de l’artillerie. Les officiers fréquentent volontiers les cercles et les familles de notables.

Avec l’arrivée du chemin de fer en 1865 et la restructuration des armées, Vannes devient une importante ville de garnison. Le développement du projet d’école d’artillerie de brigade souhaité par le préfet du Morbihan et dont le but était de « développer les connaissances scientifiques et techniques des officiers de l’arme, ainsi que celles des sous-officiers qui paraissent capables de parvenir au grade d’officier ou d’être pourvus des fonctions de ce grade » vient s’ajouter à cet essor. Ce projet concerne deux régiments à Vannes-Meucon, dont le 35e RA, un arsenal, les champs de tir, des terrains de manœuvre et un parc à fourrages. En tout, 4 000 hommes et 1 800 chevaux. Une charge très lourde pour une municipalité de 16 000 habitants qui a fait de nombreuses concessions, mais qui, au fil des années, en retirera également de substantiels retours sur investissement.

Cette organisation perdurera jusqu’en 1911, quand un décret impose de remplacer les dépôts de matériels, les directions et les écoles d’artillerie de brigade par des parcs d’artillerie de corps d’armée. Toutefois, avant cette date, les écoles de brigades avaient connu divers revirements et dès 1884, elles n’étaient plus que des écoles préparatoires à l’admission à l’Ecole militaire de l’artillerie et du génie de Versailles. Ainsi, dans ce contexte, le chef de corps du 35e RA commandait tout à la fois son régiment et l’école de brigade. Ce fut le cas du colonel Foch entre 1903 et 1905. Auparavant, les créations constantes de régiments ou le renforcement des plus anciens provoquèrent plusieurs réorganisations du 35e RA. En 1894, il perd trois batteries au profit du 40e RA créé à Saint-Mihiel dans la Meuse. L’année suivante, sous le commandement du colonel Biffe, il compte à nouveau 12 batteries.

Capitaine LABORIA

L’artilleur de Vannes

Loin de l’exaltante aventure coloniale, des colonnes poussiéreuses d’Afrique du Nord auxquelles il a goûté, le 35e RA poursuit méthodiquement sa préparation.

L’instruction est l’activité de base du régiment. La préoccupation majeure des chefs de corps, comme le rappellera le maréchal Foch, était de rendre cette instruction attractive malgré son caractère répétitif. Pour cela, le chef de corps organise, entre autres, des concours entre pointeurs ou décerne un prix au meilleur tireur. Le vainqueur, remporte un journal du Morbihan, est ramené de Meucon sur un caisson orné de feuillage. Devant lui roule la pièce d’artillerie qui a, elle aussi, sa part de triomphe. Il est promené ainsi à travers les rues de Vannes, aux sons de la musique d’artillerie. La population qui se presse sur la chaussée est toujours heureuse de prendre part à cette petite fête militaire…

D’une manière moins ludique, l’instruction ne perd pas de vue l’objectif final recherché, à savoir, l’engagement. Le règlement provisoire de manœuvre de l’artillerie de campagne est là pour le rappeler :

  1. l’unité de tir est la batterie ; l’unité tactique, le groupe ;
  2. le but de l’instruction d’artillerie est de former en vue du combat :

– des batteries disciplinées et maniables aux mains d’un commandant de batterie ;

– des commandants de batterie habiles à manier une batterie et à en faire un emploi efficace contre des objectifs qu’on leur désigne.

En conséquence, l’instruction d’artillerie se divise en deux parties :

  1. école de la troupe ;
  2. école du commandant de batterie.

Ainsi, jusqu’en 1914, comme les autres unités d’artillerie, le 35e RA vit au rythme de ce règlement qui a également planifié les activités selon les saisons. En hiver, instruction des recrues et études théoriques pour les officiers, exercices, tirs et manœuvres durant la bonne saison.

Pièce du Mdl PORTIER DE LA 9e Batterie avant 1900.

Le 35e RA en 1903

 

  • Chef de corps : Colonel Foch
  • Commandant en second : Lieutenant-colonel Labarraque
  • Chefs d’escadron : De Loustal – Verdot – Carton – Aubineau – Rouelle – Cassagnade

ÉTAT-MAJOR

  • Major : Capitaine Le Diberder
  • Instructeur d’équitation : Capitaine Chavelet
  • Adjudants-majors : Capitaines Servignat et Gibert
  • Trésorier : Capitaine Stoessel
  • Officier d’habillement : Capitaine Grisard
  • Médecin : Major Bich
  • Vétérinaire : Major Portier

BATTERIES

  • 1ère Batterie : Capitaine Martin / Capitaine Clerault
  • 2e Batterie : Capitaine de Croy / Capitaine Quantin
  • 3e Batterie : Capitaine de Harre / Capitaine Bastard
  • 4e Batterie : Capitaine Davril / Capitaine Rougeul
  • 5e Batterie : Capitaine Derouard / Capitaine Mauche
  • 6e Batterie : Capitaine Avon /Capitaine Hallot
  • 7e Batterie : Capitaine Roy / Capitaine Andrieu
  • 8e Batterie : Capitaine Frot / Capitaine Fraichet
  • 9e Batterie : Capitaine Levavasseur / Capitaine Carcenat
  • 10e Batterie : Capitaine Peigné / Capitaine Obé
  • 11e Batterie : Capitaine de Lesquen du Plessis Casso / Capitaine Morin

35 lieutenants et sous-lieutenants et 12 officiers de réserve dont le colonel Demolon.

Entraînement à Vannes.
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