2 juin 1940 : La mort héroïque du sous-lieutenant DELATTRE


Au mois de juillet 1941, Philippe Kléber, un marinier, au cours d’un voyage en zone libre put joindre le général Delattre, père du jeune officier du 35e RAD et lui relater les circonstances de sa mort lors des combats autour de Dunkerque.

En voici le récit qui débute lorsque le sous-lieutenant Delattre prend position à Coppenaxfort. Deux canons de 75 mm prenaient la destruction sous leur feu, la section était commandée par Pierre Delattre. Il y avait en plus un canon de 25 mm et un corps franc de 200 hommes environ, qui combattaient sur ce point.

Un peu plus tard, le marinier discute avec le sous-lieutenant qui, conscient de la situation, lui dit avant de retourner auprès de ses pièces : « Maintenant qu’il n’y a plus d’ordres, je ne me replierai pas ».

Au cours des deux premiers jours de juin, l’ennemi se présente. Une des pièces de 75 mm réduit en miettes une motocyclette et son conducteur. Peu après, c’est un blindé qui essuie le feu des 75 ; il a flambé toute la nuit. Des clochers de Spycker et de Broukerque, les Allemands voyaient les positions et les bombardaient : cela tombait comme de la pluie…

Des servants ont été tués, une pièce a été démolie, des hommes sont probablement partis…, finalement, l’officier est resté tout seul à sa pièce. Nous l’avons vu dans un moment d’accalmie la déplacer, la mettre en batterie à l’abri d’un mur d’où, moins repéré, il pouvait tirer.

Quand l’infanterie allemande est arrivée, il y avait des soldats sur deux péniches ; il n’a pas mis longtemps à y mettre le feu et à les envoyer par le fond. Il était tout le temps debout sur la route, sa grande silhouette se détachait très nettement ; il ne prenait même pas la peine de se baisser. Nous pouvions voir les fantassins allemands avancer comme des lézards avec leur casserole sur la tête (sic) et, toujours tout seul, il leur tirait des coups de 75, débouchant à zéro, jusqu’à ce qu’ils arrivent à moins de 20 mètres.
Il en a tué plus de 30 ; il était de ceux qui ne se rendent pas ! Alors un Allemand a fait le tour de la pièce, s’est approché par derrière et a tué l’officier d’une balle dans la tête. C’était le 2 juin.

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